6ème rapport du GIEC
Qu’est-ce qui a changé?
En ouverture du dernier rapport du GIEC, la mise en garde récurrente contre l’insuffisance du rythme et de l’ampleur des actions pour faire face à l’augmentation rapide des effets du changement climatique peut donner une impression de déjà-vu.
Certaines différences fondamentales par rapport à la 5ème édition méritent toutefois d’être mises en exergue:
Tout d’abord, la science du climat a considérablement gagné en maturité et aborde de manière beaucoup plus intégrée l’impact du changement climatique et les mesures de réponse, donnant ainsi une perspective plus claire de la voie à suivre.
Deuxièmement, l’accent est mis sur un ensemble de solutions concrètes et éprouvées ainsi que sur les options d’adaptation disponibles, apportant ainsi une lueur d’espoir et d’optimisme.

Troisièmement, le rapport fournit une analyse et une évaluation plus intégrées des synergies et des arbitrages possibles entre les actions d’adaptation et celles de mitigation. En explorant les liens entre ces deux dimensions, il met en évidence par exemple les multiples avantages connexes résultant de la transition vers des modes de consommation et de production plus durables et régénératifs, qui au-delà de la lutte contre le changement climatiques sont également bénéfiques pour la santé humaine ou la restauration des écosystèmes.
Quatrièmement, Il met l’accent sur le caractère fortement contextuel de l’adaptation – qui dans des environnements inappropriés peut vite s’avérer être une in-adaptation – d’où l’importance cruciale d’inclure les communautés locales dans les prises de décision ainsi que tout au long des processus de mise en œuvre.
Cinquièmement, il intègre de manière beaucoup plus explicite et complète la dimension humaine de la problèmatique du changement climatique, et tout particulièrement les effets sur les groupes margibalisés et/ou à faible revenu. Dans cette perspective, le rapport insiste sur l’équité comme faisant pleinement partie de la solution.
Enfin, il souligne que même sans tenir compte de l’intérêt évident à éviter les dommages liés au changement climatique, les avantages économiques et sociaux de la poursuite d’une stabilisation de la température à 2 ° C l’emportent à l’échelle mondiale sur les coûts liés aux actions de mitigation.
Alors qu’attendons-nous?
Même si les moyens doivent être catalysés par les gouvernements, l’action n’en reste pas moins nécessaire à tous les échelons et doit se produire à tous les niveaux, y compris celui des individus, car nous sommes le consommateur ultime, le conducteur, le voyageur, ….
Reste à déterminer quel contrat social peut débloquer les nombreuses barrières financières, économiques et politiques et permettre une adaptation à grande échelle.
Publié le 29 Mars 2023.
